Dominique Cardon, Directrice de Recherche émérite CNRS, CIHAM/UMR5648

Photographies Pierre-Normann Granier
reproduction de l’oeuvre de Jean-marie Granier pour le livre franco-chinois

Cette introduction à une session sur « l’Univers de la couleur » présentera certains développements récents des recherches sur les couleurs des textiles jusqu’à l’avènement des colorants de synthèse.

Les découvertes archéologiques révèlent de mieux en mieux la maîtrise de la colorations des textiles par des civilisations très anciennes : on examinera d’abord comment on peut aujourd’hui, grâce aux avancées dans les méthodes archéométriques, tirer le maximum d’enseignements de ces découvertes.

Les sources écrites sur la teinture  sont venues, à des époques moins lointaines, compléter en partie notre compréhension des méthodes de sélection et de préparation des sources colorantes et de leur application sur différentes fibres dans différents pays.

La publication en cours d’une série de carnets de teinturiers dans lesquels les noms des couleurs obtenues par les procédés décrits sont illustrées par des échantillons de textiles teints est conçue comme une contribution à l’effort mondial actuel de conservation, redécouverte et réappropriation des savoirs historico-traditionnels concernant la teinture par les colorants naturels, en apportant à la fois de nouvelles sources d’inspiration et une approche nouvelle, consistant à définir objectivement les espaces chromatiques correspondant à toutes les couleurs ou nuances de couleur représentées par des échantillons de tissus au moyen de mesures colorimétriques de ces échantillons.

On peut se réjouir qu’à peine ressuscitées,  les couleurs des teinturiers du passé se trouvent déjà au coeur de projets pédagogiques, d’explorations artistiques et scientifiques, et d’exemplaires essais de développement de nouvelles formes de production plus solidaires et écologiques dont certains seront évoqués en conclusion.


Hortense de la Codre, Doctorante – IRAMAT-CRPAA (UMR 5060 CNRS / Université Bordeaux Montaigne)

 

A la fin du XVIIe siècle en France, et suite à une réorganisation par Colbert, les Manufactures d’Aubusson des Gobelins et de Beauvais, obtiennent le titre de Manufacture Royale de Tapisserie. Ce titre nouvellement acquis donne lieu à la mise en place de nombreuses règles concernant la qualité des matériaux employés dans les oeuvres produites, un contrôle de ladite qualité exercée par des inspecteurs de la Couronne et des peintres cartonniers de renom envoyés pour travailler dans les Manufactures, entrainant la naissance des Tapisseries de Grand Teint.
Cette étude propose donc de comparer les matériaux employés dans les trois Manufactures au travers de trois tapisseries datant du milieu du XVIIIe siècle provenant chacune de l’une des Manufactures Royales. Pour permettre l’étude de ces tapisseries de haute qualité, un nuancier de plus de 600 références basées sur les recettes issues de traités du XVIIIe siècle a été créé. Les spectres de référence de ces échantillons ont ensuite été enregistrés avec plusieurs méthodes d’analyse non-invasives (HSI-VIS-NIR, FORS, LEDμSF…) créant une base de données qui sera ensuite comparée aux spectres enregistrés sur les tapisseries étudiées permettant ainsi l’identification des matériaux employés à l’époque.
Les analyses ont par exemple révélé des différences dans l’utilisation des textiles entre les Manufactures. Les observations faites sur les choix esthétiques, techniques et d’usage des colorants soulèvent autant de questions sur les différences de réalités économiques et artistiques entre les Manufactures. La confrontation des sources historiques d’archives à la réalité matérielle rendue accessible grâce aux données analytiques obtenus in situ sur les trois tapisseries permettra d’enrichir nos connaissances sur l’usage des colorants, fibres et mordants.

H. de La Codre1,2, R. Chapoulie1 , L. Servant2 , A. Mounier1
1 IRAMAT-CRPAA (UMR 5060 CNRS / Université Bordeaux Montaigne) Institut de Recherche sur les ArchéoMATériaux Centre de Recherche en Physique Appliquée à l’Archéologie Maison de l’Archéologie 33 607 Pessac – France
2 Institut des Sciences Moléculaires (UMR 5255 CNRS/Université de Bordeaux) 33405 Talence – France


Cher.e.s adhérent.e.s, cher.e.s collègues,

Le groupe textiles de la SFIIC a le plaisir de vous convier à sa prochaine journée d’étude, qui se déroulera en présentiel au musée des Arts Décoratifs, Paris et en visio-conférence le

vendredi 28 janvier 2022 de 9h à 16h30, avec pour thème :
L’univers de la couleur 

Cliquez ici pour retrouver le programme complet

La participation sera gratuite pour les adhérents SFIIC à jour de leur cotisation 2022 :
Les conditions d’adhésion sont toujours de 50 euros par an (20 euros pour les étudiants), permettant l’accès à toutes les journées d’étude ainsi qu’aux numéros de CoRé (nouvelle série).

Demandez ou renouvelez votre adhésion en cliquant ici.

Une participation de 70 € sera demandée aux non-adhérents pour cette journée (qui sera gratuite pour les étudiants). Compte-tenu des délais restreints, le paiement se fera exclusivement en ligne par le biais du site HelloAsso :

Billetterie

Pour les adhérents et les étudiants, l’inscription se fera par mail, auprès de contact@sfiic.com en précisant si vous souhaitez y assister sur place ou à distance.

Il est impératif de s’inscrire au plus tard le 21 janvier, les demandes reçues après cette date ne pourront être traitées.
Le nombre de participants à cette journée est limité : la jauge de la salle de conférences du musée des Arts Décoratifs est actuellement de 80 personnes.
Pensez donc à vous inscrire au plus vite.

L’accès au musée se fera sur présentation du pass sanitaire.
Les personnes inscrites pour la rencontre en visio recevront le lien vers la plate-forme Zoom leur permettant de participer virtuellement à cette rencontre.
Aucun enregistrement de la journée ne sera réalisé, donc aucune réécoute ne sera possible.Nous vous remercions pour l’intérêt que vous portez à l’association,
Bien cordialement,

Le comité de coordination du groupe Textiles


Malgré un contexte compliqué, la SFIIC se fait un point d’honneur à proposer en 2021 des journées d’études adaptées qui permettront d’échanger et de poursuivre les travaux envisagés par les uns et les autres.

Le groupe textiles de la SFIIC a donc le plaisir de vous convier à sa prochaine journée d’étude, qui se déroulera en visio-conférence le

vendredi 9 avril 2021 de 14h à 16h, avec pour thème :
Faire dialoguer les matériaux :
la rencontre des disciplines
(cliquez ici pour retrouver le programme complet)

La participation sera gratuite pour les adhérents SFIIC à jour de leur cotisation 2021 : demandez ou renouvelez votre adhésion en cliquant ici.
Le conseil d’administration de la SFIIC a décidé de maintenir les conditions d’adhésion habituelles, soit 50 euros par an (20 euros pour les étudiants), permettant l’accès à toutes les journées d’étude ainsi qu’aux numéros de CoRé (nouvelle série) prévus en mars (n°1) et à la fin de l’été (n°2).

Une participation de 30 € sera demandée aux non-adhérents pour cette demi-journée (qui sera gratuite pour les étudiants).

Compte-tenu des délais restreints, le paiement se fera exclusivement en ligne par le biais du site HelloAsso.
Pour les adhérents et les étudiants (béénficiant donc de la gratuité), l’inscription se fera par mail, auprès de : contact@sfiic.com

Il est impératif de s’inscrire au plus tard le 5 avril, les demandes reçues après cette date ne pourront être traitées.
De plus, bien que se tenant en ligne, le nombre de participant à cette demi-journée est limité.
Pensez donc à vous inscrire au plus vite.

Les personnes inscrites recevront le lien vers la plate-forme Zoom leur permettant de participer à cette rencontre virtuelle.

Nous vous remercions pour l’intérêt que vous portez à l’association,
Bien cordialement,
Le comité de coordination du groupe Textiles


C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris la nouvelle du décès de Susanne Cussell-Bouret. Fidèle de la Sfiic, Susanne s’était impliquée depuis plusieurs années dans le comité d’organisation du groupe textile.

Suzanne nous laisse le souvenir d’une personne riche, intègre, motivée par la qualité du travail. Précieuse, pour nous faire traverser la Manche et partager l’actualité textile de nos collègues anglo-saxons. Tout au long de sa carrière, elle a porté sur son activité professionnelle une réflexion nourrie par une curiosité scientifique et un intérêt pour les travaux de recherche.

Discrète face à la maladie, son courage et sa ténacité la garderont comme un exemple.

Nos pensées accompagnent sa famille et ses amis.
Le comité textile

 

© cl. Isabelle Guegan

Susanne Cussell-Bouret

 A l’issue de sa formation au Textile Conservation Center, Courtauld Institute of Art, à Londres elle fait, en 1989, un stage au Musée des Tissus de Lyon, où elle rencontre une promotion d’étudiants de l’INP.

Puis, installée à Aubusson dans la Creuse, elle travaille comme restauratrice responsable des Ateliers Chevalier Conservation à Aubusson entre 1991 et 2002.

En 2009, après quelques années de congé parental et de missions ponctuelles, elle installe un atelier de restauration textile avec un équipement adapté pour le traitement des tapisseries pour lesquelles elle a développé une grande expertise.

Avec grand professionnalisme et discrétion, elle a restauré de nombreuses œuvres textiles, tapisseries et costumes, aussi bien pour les monuments historiques que pour les musées français.

Entre 2012 et 2019, avec une vision globale unique et un souci du détail permanent, elle a étudié et traité la magnifique tenture de chœur de l’abbaye de la Chaise-Dieu.

Depuis 2016, son expertise a été sollicitée pour étudier la Tenture de l’Apocalypse d’Angers et contribuer à sa conservation.

C’est en menant une véritable bataille contre le temps qu’elle est arrivée à réaliser, en équipe, sa dernière et magnifique restauration sur la tapisserie du Tournoi appartenant au Musée de Valenciennes, et présentée en prêt au Metropolitan Museum de New-York en 2019.

Totalement bilingue, elle a participé tout le long de sa carrière à des recherches internationales : la dernière en date concerne l’étude du comportement des tapisseries en exposition, en collaboration avec l’Université de Glasgow.

Par ailleurs, elle intervenait comme enseignante à l’Institut national du patrimoine, ainsi qu’à la Faculté de Clermont-Ferrand, et à la Bibliothèque nationale de France. Elle contribuait très généreusement à la diffusion d’informations professionnelles et à l’organisation des journées d’études du groupe textile de la SFIIC.


© Musée des Tissus, Sylvain Pretto

 

Marie Schoefer-Masson dont nous venons d’apprendre le décès restera une personnalité qui a marqué la communauté textile.
Elle joua un rôle capital dans l’histoire de la conservation-restauration en étant, au Musée des Tissus de Lyon, à l’origine du premier laboratoire en France consacré à la conservation-restauration des textiles. Par la transmission de son expérience, son travail restera très présent à travers les générations de restauratrices textiles qu’elle a contribué à former.

Les membre de la Sfiic et plus particulièrement le groupe Sfiic textile s’associent à Patricia Dal-Prà et Marie-Anne Loeper-Attia, ses collègues et amies, qui lui rendent hommage.

 

Marie Schoefer-Masson nous a quitté le 28 avril des suites d’une longue maladie, contre laquelle elle se battait avec toute l’énergie et l’optimisme que nous lui connaissions. Elle avait été formée à la conservation-restauration des textiles, en Suisse à l’Abegg-Stiftung, et en était sortie en 1978, alors qu’aucune autre formation de ce type n’existait en Europe. Elle avait participé à la création du laboratoire de restauration des textiles au Musée d’Art et d’Histoire de Genève en 1980. En 1985, elle concrétisait le projet de création de l’atelier de restauration des textiles du musée des Tissus de Lyon ainsi que celui de nouvelles réserves et en prenait la direction. Cet atelier était le premier laboratoire consacré à la conservation-restauration des textiles en France. Elle y a travaillé de très nombreuses années jusque 2013. Beaucoup de collègues avaient eu la chance d’y aller en stage, de profiter de son savoir et de travailler avec son équipe. Elle a participé à la création puis dirigé l’atelier de conservation-restauration des textiles à l’IFROA, devenu l’Institut National du Patrimoine, de 1983 à 2007. En 2002, elle avait reçu la distinction de Chevalier des Arts et des Lettres. Sous sa responsabilité, de grandes restaurations textile ont été réalisées au musée des Tissus de Lyon.

Elle a été co-commissaire de plusieurs expositions comme « L’usure du temps » au musée archéologique de St Romain en Gal ou « Si le XVIIIe siècle m’était conté, costumes d’exception » au Musée des Tissus de Lyon. Elle a également écrit de nombreuses publications autour des textiles du musée ou d’autres pièces d’exception comme la chape de Ferdinand le Catholique de Grenade.
Ces dernières années, elle partageait son temps entre sa nombreuse famille et son atelier privé. Toujours partante pour une nouvelle expérience, pleine d’énergie et de passion pour son métier, Marie a su partager son savoir et sa joie de vivre avec nombre d’entre nous et nous lui en sommes très reconnaissants.


La prochaine journée d’étude du groupe textile de la SFIIC se tiendra à Paris,
le vendredi 31 janvier 2020,
au Mobilier national, 42 avenue des Gobelins, 75013 Paris

Elle aura pour thème :
« Le textile dans les demeures historiques »

L’omniprésence des textiles dans les demeures historiques nous amène à de nombreuses réflexions, aussi bien sur leur histoire que sur la manière de les présenter au public, en tenant compte de leur environnement et de leur fragilité. Certaines de ces problématiques seront abordées en début de journée, puis une revue de l’actualité de la conservation des textiles patrimoniaux sera traitée.

Dans le cadre de cette journée d’étude, le Mobilier national propose 6 visites différentes, sur inscription (groupes de 20 personnes maximum) avant la reprise des communications de l’après-midi.

Vous trouverez le détail du programme et des visites en cliquant ici.

La participation à la journée sera gratuite pour les adhérents SFIIC à jour de leur cotisation 2020.
Une participation de 70 € est demandée aux non-adhérents (20 € pour les étudiants).

Pour le déjeuner, un repas livré par un traiteur vous est proposé, toujours sur inscription. Une participation de 15,00 € par personne sera demandée.

En raison du plan Vigipirate, il est impératif de s’inscrire avant le 17 janvier 2019 :

  • Vous étiez adhérent en 2019 ou avant ? Avant de vous inscrire à la journée, n’oubliez pas de renouveler votre cotisation pour 2020 (Plein tarif : 50€ / Tarif étudiant : 20 €), en sélectionnant le Renouvellement en plus de l’Inscription adhérent 2020 dans le formulaire ci-dessous.
  • Vous souhaitez adhérer pour la première fois ? Avant de vous inscrire à la journée, merci d’en faire la demande ici.
  • Pour connaître les modalités d’inscription pour les institutions, veuillez nous contacter à l’adresse contact@sfiic.com.


Systèmes de montage et d’exposition des textiles anciens du milieu du XIXème au début du XXème siècle.

Nora Rudolf, docteur en histoire de l‘art, Université de Berne, institut d‘histoire de l‘art.

Lors de la fondation des musées d’arts décoratifs au milieu du 19ème siècle déjà, de vastes collections de textiles anciens en étaient des parties constitutives. Elles correspondaient particulièrement aux objectifs des musées, visant à l’éducation et au développement économique national. Des systèmes de montage et d’exposition historiques et de nombreuses sources écrites de cette époque donnent une idée approfondie de la manipulation pratique des textiles dans ces musées. En outre, les stratégies précoces de la préservation des textiles anciens deviennent compréhensibles

Einrichtung des Stoffzimmers, Berlin 1886


Œuvres textiles moderne et contemporaine en exposition

Montaine Bongrand. Restauratrice du patrimoine, spécialité textile

A travers l’exemple de deux installations d’œuvres textiles tridimensionnelles ( « feuillage rouge » de Jagoda Buic et « Domestic » d’Annette Messager), réalisées en 2015 dans le cadre de l’exposition « Decorum » à la Power Station of Art à Shanghai,seront abordées l’importance de la documentation des œuvres et de leur mise en espace, la recherche de solutions techniques dans un espace d’exposition hors norme, un contexte culturel étranger, ainsi que la collaboration avec des équipes techniques n’ayant pas les mêmes processus de décision, de réflexion et ni même, parfois,de langue commune.

Power Station of Art, Shangaï

Domestic » d’Annette MESSAGER , 2000.

 

 

 

 

 

 


La présentation monumentale d’une tenture de chœur

Marie-Blanche Potte, Conservateur des Monuments Historiques, Auvergne Rhône-Alpes, Projet Chaise-Dieu.

Les 12 tapisseries, classées depuis 1840, d’origine flamande de la fin du XVème siècle, début du XVIème siècle, constituent une tenture de chœur pour l’Abbaye de la Chaise-Dieu (Haute Loire, France). Sous la maitrise d’ouvrage d’un syndicat mixte, assisté des responsables des Monuments historiques (tapisseries), architecte, conservateur, cette tenture a, de 2012 à la fin 2016, fait l’objet d’un constat d’état et d’une conservation-restauration dans l’objectif d’un assainissement, d’un confortement (sauvegarde et mise en valeur) en vue d’une nouvelle présentation dans une chapelle redécouverte, restaurée dans le même temps. La tenture serait exposée de manière permanente dans la chapelle à partir de juin 2019.
Cette communication présentera les actions qui ont été mûrement réfléchies dans leur impact comme dans leurs conséquences : le système de suspension des tapisseries, le climat, l’éclairage et la restauration d’un monument au service de l’œuvre qu’il abrite.
C’est l’ensemble de cette démarche que l’on peut suivre dans ses choix ; puis en évaluer l’aboutissement maintenant que la tenture va connaître une vie nouvelle.

Chapelle en rénovation

 


Apport théorique : Comparaison entre les différents modes de présentation des tapisseries du point de vue mécanique

Mohamed Dallel, Responsable du pôle textile, Laboratoire de recherche des Monuments Historiques

Les tapisseries sont bien souvent considérées comme des œuvres d’art très sensibles aux facteurs environnementaux. À ces altérations liées à la nature des matériaux, s’ajoutent les dégradations spécifiques à leur structure monumentale. Ces dégradations, du fait de leurs poids important et de leurs grandes dimensions, sont provoquées par les tensions générées sous l’effet de leur poids, qu’elles soient accrochées ou manipulées. Souvent ces altérations qui portent préjudice aux valeurs culturelle, historique et artistique des œuvres, trouvent leurs origines dans le mode d‘accrochage inadéquat. Il est donc primordial d’agir en amont afin de prédire de telles déformations irréversibles et ainsi empêcher que des dommages supplémentaires ne surviennent. C’est dans ce contexte précisqu’un projet de recherche devrait voir le jour prochainement au LRMH mais qui a commencé par la présente étude théorique et comparative de quatre modes de présentation: horizontale, verticale, sur un plan incliné et en hémicycle.


La Bodythèque Historique, une étude du corps au service des collections du costume. Scénographie/ expographie et muséographie/ Mesure et démesure

Carmen Lucini. Conservation préventive, Muséographie

La Bodythèque voit le jour à partir de 1992. Une série de 70 matrices originales configurent un ensemble dont la recherche se nourri de l’étude des collections textiles-costumes Européenes. Hommes, femmes et enfants de différentes morphologies, du XVIIème à la deuxième partie du XXème siècle constituent un répertoire informatisé et en 3D à la disposition des chercheurs et des professionnels du Musée, dont le tuteur en Espagne est le CDMT de Tarrassa et en France l’INP. Trois thecniques de travail : le carton sans colle, le thermoformage et le scan direct pour une réalisation en résine époxy. Des sculptures grandeur nature sur mesure, semi-mesure, ou pour des petites séries. Étant conscient de la fragilité structurelle des tissus, du point de vue de la conservation, l’exposition du costume exige une élaboration de supports spécifiques complexe. La préservation reste une attitude culturelle et le symbole de la qualité avec laquelle nous traitons nos objets de mémoire. Une attitude collective qui sert d’indicateur de prévention de risques pour l’ensemble des collections. Elle doit favoriser aussi la qualité de la recherche et de la mise en exposition. Cette discipline, appliquée à l’environnement muséographique, développe une méthodologie capable de freiner en grande partie les causes de détérioration au moment de l’exposition. Aujourd‘hui, l’alliance entre la muséographie et la prévention est un succès partagé. Le soin avec lequel nous nous impliquons et nous nous appliquons à la fabrication des supports anatomiques destinés au costume et des socles destinés à l’installation des accessoires de mode participe à cette aventure préventive.

(Cas d’application/ Video Lluís Tolosa i Giralt (Barcelone, 1905-1973) fut un décorateur, artiste et collectionneur barcelonais. Dans son travail, il était à la fois passionné, rigoureux, intuitif, curieux et fin connaisseur. En 1973, il décide de léguer au Musée Textile de Terrassa sa collection. Celle-ci comporte un ensemble de plus de mille habits féminins, masculins et des accessoires de mode européenne du XVIIe siècle jusqu’au XXe siècle. L’étude de cette collection depuis 2013 a permis d’appliquer les recherches de la Bodythèque Historique © à une sélection de pièces afin de raconter de façon chronologique une autre Histoire de la mode : l’évolution de la coupe. L’édition numérique présente une étude technique très détaillée des modèles et des assemblages propres aux techniques de confection de vêtements de différents siècles, ainsi qu’un rapprochement à la silhouette dans la mesure et démesure propre à chaque

 

Série de mannequins de la bodytèque

 

Site : carmenlucinimuseographie.com

 contact@carmenlucinimuseographie.com

 


Heavenly Bodies: Fashion and the Catholic Imagination: une exposition à grande échelle, un défi pour les restaurateurs.

Melina Plottu, restauratrice associée, The Costume Institute, The Metropolitan Museum of Art

La dernière exposition du Costume Institute Heavenly Bodies: Fashion and the Catholic Imagination, inaugurée au printemps 2018, s’est révélée la plus ambitieuse jamais réalisée par le Metropolitan Museum of Art. Présentée comme un dialogue entre la mode et l’art médiéval au sein des collections de The Met Fifth Avenue et The Met Cloisters, elle met en lumière l’influence du culte et des traditions catholiques sur la mode contemporaine. Le Anna Wintour Costume Center a également exposé pour la première fois dans son histoire à l’extérieur du Vatican, les vêtements et accessoires liturgiques des papes conservés dans la Chapelle Sixtine. La réalisation d’une exposition d’une telle ampleur, sur deux sites différents et plus de vingt-cinq galeries, a nécessité une logistique exceptionnelle et la mise en place de solutions adaptées de la part de l’équipe de restauration.

Exposition Heavenly Bodies: Fashion and the Catholic
The Met Cloisters @M.Plottu

 


Lorsque la restauration seule ne suffit pas …

Antoinette Villa, restauratrice du patrimoine, spécialité textile

Pendant le mannequinage, les dégradations possibles sont multiples et peuvent survenir rapidement. A travers quelques exemples on verra comment restauration et mannequinage sont étroitement imbriqués. La réalisation du support de présentation pour le manteau de l’Ordre du Saint Esprit du Louvre ou la pose de systèmes de soutien sur des robes, montrent combien les interventions de mannequinage et de consolidation doivent être réfléchies simultanément. La consolidation seule parfois ne suffit pas, les deux robes de la collection Africaine de la Fondation YSL, montrent comment des structures internes peuvent protéger un vêtement. Parfois les problématiques sont concentrées sur une zone particulière comme dans le cas des deux robes du théâtre Athénée où il fallait soulager les manches tout en limitant les manipulations au maximum pendant le mannequinage. Enfin, dans des cas extrêmes, la restauration elle-même intègre une problématique de mannequinage. Pour l’ensemble de 1967 d’YSL, une intervention de restauration particulière a été réalisée sur les baleines de poitrine, celles-ci étant à l’origine mais non responsables de la dégradation. Lorsque la consolidation ne suffit pas à résoudre le problème, le restaurateur doit prendre en charge une partie du Support pour le Support du manteau mannequinage. Il est important de penser celui-ci au moment de la restauration, il ne faut jamais dissocier ces deux aspects de l’intervention sur un vêtement.

Support du manteau

 


Les partis-pris de mannequinage retenus par la Cité de la dentelle et de la mode pour ses collections semi-transparentes, suivi d’un focus sur l’utilisation du fosshape dans la confection des supports muséographiques pour – notamment – sa collection de lingeries.

Aurélie Artélésa, régisseur des expositions et des collections textiles, Cité de la dentelle et de la mode de Calais

La Cité de la dentelle et de la mode fêtera ses dix ans en 2019. C’est l’occasion de revenir sur son histoire depuis les expositions de préfiguration jusqu’à la création – notamment – de la Galerie des collections. Cette exposition permanente composée de vitrines fixes a fait l’objet de réflexions spécifiques par l’équipe de conservation en raison de la nature des pièces présentées et de la chronologie retenue. Comment présenter un grand châle entièrement en dentelle du Second Empire ? Comment présenter des ensembles de lingerie de 1900 à nos jours ? La présentation détaillera la méthodologie appliquée par typologie des pièces en fonction des contraintes de formes, de transparences et d’esthétique des œuvres, mais aussi des contraintes liées au peu d’espace de stockage dédié au matériel muséographique. Afin de pouvoir répondre à ses objectifs de rotation des collections, la régie des œuvres a dû revoir le mode de production de certains mannequins nécessitant des découpes sur mesure. Facilité et propreté d’exécution, temps de réalisation réduit, compatibilité avec les normes de conservation et également durabilité : toutes ses qualités ont été réunies dans le fosshape. Après une présentation du matériau (composition, historique), de nombreux exemples montreront son champ d’application par le biais des expériences et réalisations menées par la Cité de la dentelle et de la mode depuis 2015 et qui s’étendent aujourd’hui à l’ensemble de ses collections textiles.
Photographie d’une vitrine consacrée à la lingerie contemporaine (à gauche, Body « Exquise tentation à Calais », Lejaby, 2014,n°inventaire : Cidm 2015.3.1 ; à droite, Body, Jolidon, 2010-2011, n°inventaire : Cidm 2014.3.3).


Restauration et Présentation d’un Etendard

Catherine Sarramaigna, restauratrice du patrimoine, spécialité textile. Musée des Tissus Musée des Arts Décoratifs de Lyon

La conservation-restauration d’un étendard iranien avec une inscription Ottomane du 17ème – 18ème siècle (MT 25248) du Musée des Tissus de Lyon a soulevé 3 années de travail pour trouver la solution de comment restaurer un objet biface et comment le maintenir à sa hampe d’origine.
Cette présentation abordera la mise en œuvre d’une impression de plusieurs couleurs sur une grande surface de Nylon Net ainsi que la création d’une technique d’accrochage de l’étendard sur sa hampe qui permet un accrochage homogène et facile à démonter en s’inspirant des accrochages des tapisseries.
Le résultat permet de garder les deux faces lisibles et de présenter l’objet à plat, sur plan incliné ou pour une courte période, suspendue à la verticale sur sa hampe.

 

MT 25248, étendard après intervention © Lyon, MTMAD – Sylvain Pretto.

 

 

 

 

FOURNISSEURS : Duckeries Textiles and Fancy Goods Ltd, 15a Melbourne Rd, West Bridgford, Nottingham, NG2 5BG, UK. Référence: 20 denier monofilament scoured heatset; color: natural; width: 520/540cms. Buisine, 78 rue Felix Faure 92700 COLOMBES, France. Référence : Racle en bois 65 SHORES de 60cm ; Tissu Polyester Sefar 43fils/cm au mètre largeur de 158cm.
Socleur :Romain Laforet : Atelier de Soclage Lyonnais, Plateau de la Croix-Rousse, 3 rue de Nuits 69004 Lyon.


Le montage par épinglage, une alternative au montage par couture pour les textiles et objets ethnographiques

Clothilde Castelli, restauratrice de textiles, musée du quai Branly-Jacques-Chirac,Paris

Emilie Enard, restauratrice de textiles indépendante, Paris

Cette technique, mise au point par Christine Giuntini, responsable de la restauration des textiles et objets organiques au département des arts d’Afrique, d’Océanie et des Amériques du MET, permet la présentation verticale sur panneaux de textiles de grand format et en bon état de conservation tout en limitant l’usage de la couture, notamment des lignes de fixation, opération qui peut être à la fois chronophage et particulièrement intrusive dans le cas d’objets hors norme.
Le montage par épinglage s’avère particulièrement prometteur pour certains textiles ou objets ethnographiques qui pour diverses raisons n’autorisent pas la couture. Les spécificités des collections du musée du quai Branly ainsi que le caractère restrictif de sa muséographie ont permis un développement de la technique pour des objets en vannerie et sparteries de fibres végétales.
La présentation détaillera les principes et les modalités de ce type de montage ainsi que les exemples

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


« La présentation des textiles patrimoniaux »

 

Le groupe Textile de la SFIIC tiendra sa prochaine journée d’étude le  VENDREDI 25 JANVIER 2019 , au Musée du Quai Branly- Jacques Chirac. Accès : par le 218 rue de l’Université ou le 37, quai Branly – face à la passerelle Debilly. Salle de cinéma. Plan d’accès

Une histoire de la présentation des textiles sera abordée en début de journée, suivie de présentations sur les difficultés rencontrées pour l’exposition de textiles de grands formats, de certains costumes ainsi que les perspectives pour y remédier. Et pour finir nous évoquerons des techniques particulières qui ont permis la présentation de textiles.

Retrouvez le programme complet en cliquant ici

Pour des raisons de sécurité, il est nécessaire de s’inscrire avant le 18 janvier 2019 par l’intermédiaire du formulaire en cliquant ici.

La journée est accessible gratuitement aux adhérents de la SFIIC, pensez à adhérer ici ou à renouveler votre cotisation ici


La journée d’étude SFIIC-textile du 26 janvier dernier a rencontré un beau succès, nous vous remercions de vous être déplacés nombreux.
Malgré les aléas de la crue de la Seine et le changement de lieu de dernière minute à Charenton-le-Pont où la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine nous a offert sa salle de conférence, nous nous sommes retrouvés autour d’une audience d’environ soixante-dix professionnels intéressés par le patrimoine textile.

Nous remercions tout particulièrement les conférenciers d’avoir partagé avec nous leurs intéressants travaux.